Disputes entre enfants : comment les éviter?

Comment éviter les disputes au sein de la fratrie? Comment diminuer de façon significative le nombre de disputes de vos enfants? 👩‍👩‍👦‍👦
 
Dans cette minute coaching, je vous présente une astuce pour réduire le nombre de disputes entre frères et soeurs?

Il y a une problématique qui revient souvent chez les parents c’est le fait d’être systématiquement en train d’ arbitrer les disputes des enfants.

Effectivement, tous les parents ont ressenti un jour de la lassitude par rapport au fait d’ arbitrer les disputes de leurs enfants. Parce que il faut bien reconnaître que nos enfants nous ont l’art et la manière de se disputer pour à peu près tout et n’importe quoi. Ils vont se disputer pour savoir lequel des deux va être assis à côté de maman ou papa à table. Puis après ils vont se disputer pour savoir qui va commencer à raconter sa journée. Et puis au final ils vont se disputer pour savoir lequel a passé la journée la plus intéressante.

Les disputes entre enfants, une façon de communiquer

Ce qui est important de bien comprendre c’est que ces disputes, vous ne pourrez jamais complètement les supprimer. C’est comme si on vous demandait de ne plus jamais vous vous disputez avec votre conjoint.

C’est de l’ordre de l’impossible et puis il ne faut pas systématiquement voir ces disputes comme quelque chose de négatif. Effectivement, une dispute c’est simplement deux personnes qui ne sont pas d’accord.

D’abord, cela signifie que vos enfants s’expriment ce qui est très important pour leur développement et l’affirmation de soi.
Ensuite, cela prouve que vous enfants communiquent, échangent entre eux qu’il rentrent en interaction. Donc cela prouve qu’il y a relation. Une relation à l’intérieur de laquelle il n’y a jamais eu aucune dispute, aucun désaccord, c’est une relation morte, sans vie. C’est une relation à l’intérieur de laquelle les personnes ne communiquent plus.

Si les disputes sont quelque chose de normal, ce qui ne l’est pas en revanche, c’est une fréquence trop importante de disputes. Une relation par exemple à l’intérieur de laquelle on passe 90% de son temps à se disputer n’est pas une relation saine. Dans ces cas là nous ne sommes plus dans l’affirmation de soi mais dans la compétition. Ce qui n’est pas normal non plus ça va être la violence qui peut se cacher derrière ces disputes. Je parle bien évidemment de violence physique mais également de violence verbale tels que les cris et les insultes.

Les parents souvent involontairement à l’origine des disputes entre enfants

Souvent les parents partent du principe que ces disputes sont liées à des conditions extérieures. C’est quelque chose que j’entends souvent en coaching. Les parents m’expliquent qu’ils ont deux garçons, donc les garçons ça aime bien se battre, se disputer. Ou alors on m’explique qu’un garçon et une fille ce n’est pas le même sexe. Ils n’ont pas les mêmes jeux donc ils se disputent. Ou alors les parents vont attribuer ces disputes à l’écart d’âge des enfants. On estime que si les enfants se disputent, c’est parce que ils ont un écart d’âge trop important. Et qu’à l’inverse, s’ils sont trop rapprochés, il ya une trop grande compétition. Comme les parents partent du principe que ces disputes sont liées à des conditions extérieures, elles leur paraissent inéluctables.

Faber et Mazlich ont été les premiers à mettre en avant le fait que les parents avaient des comportements qui créent des terrains propices aux disputes de leurs enfants. L’idée, c’est de prendre conscience de l’un de ces comportements facilitateur de disputes afin de pouvoir travailler dessus. Nous allons voir le comportement facilitateur de disputes qui est les comparaisons.

L’exemple des comparaisons

C’est quelque chose que nous faisons de façon un petit peu naturel. En tant que parents, nous allons comparer nos enfants entre eux. Il existe deux types de comparaison :

les comparaisons dites négatives où l’on va émettre un jugement négatif à l’égard de l’enfant auquel on s’adresse. Par exemple, vous êtes chez vous vous rentrez dans la salle de bain et vous voyez que votre fils Arthur a laissé traîner sa serviette par terre. Donc vous lui faites remarquer : “Evidemment, mais c’est pas possible, Arthur, comme d’habitude tu as laissé traîner ta serviette par terre ! Regarde ta sœur Juliette, elle la ramasse systématiquement !”

les comparaisons dites positive où l’on va émettre un jugement positif à l’égard de l’enfant auquel on s’adresse.

On reprend notre exemple : vous rentrez dans la salle de bain et cette fois-ci vous allez non pas vous adresser à Arthur mais à votre fille Juliette et vous lui dites devant Arthur : Bravo Juliette ! Félicitations, tu as bien ramassé ta serviette, pas comme ton frère Arthur qui la laisse systématiquement traîner par terre !”

Juliette est ravie parce que vous l’encensez par rapport à son frère, mais Arthur apprécie nettement moins la comparaison.
Ces comparaisons nous semblent très anodines pour nous les parents. Et pourtant elles ont des effets très néfastes sur les relations entre frères et sœurs.

Premier effet néfaste : le développement de la colère.

Quand nous comparons nos enfants entre eux, pour nous il ne s’agit là que d’une constatation : on constate qu’un enfant ramasse sa serviette et pas l’autre. Là vous êtes dans la peau de la personne qui émet la comparaison. Mettez vous dans la peau de la personne qui reçoit la comparaison. Par exemple, votre mère ou votre père vous dit : “oh là là, ton frère et conduit beaucoup mieux que toi ou alors ta sœur et cuisine beaucoup mieux que toi !” Là vous allez ressentir de la colère vis-à-vis de votre père ou de votre mère mais également de votre frère ou de votre sœur.

Quand on compare avec quelqu’un cela génère de la colère non seulement vis-à-vis de la personne qui émet la comparaison mais également vis-à-vis de la personne avec laquelle on compare. En fait quand vous comparez vos enfants entre eux, vous générez de la colère non seulement vis à vis de vous mais également vis-à-vis de son frère ou de sa sœur. Là on n’œuvre pas pour la fin des disputes.

Deuxième effet néfaste : le développement de la compétitivité.

Quand on nous critique en nous comparant avec quelqu’un, notre premier réflexe va être de nous défendre en critiquant cette personne. On dit souvent la meilleure défense c’est l’attaque. Donc Arthur va vous dire que, ok il n’a pas ramassé sa serviette mais que en même temps sa sœur elle n’a pas rangé sa chambre ou elle a pas fait son lit. Sans nous en rendre compte, nous incitons notre enfant à venir nous rapporter les mauvais comportements de son frère ou de sa sœur .Là encore, on n’œuvre pas pour la fin des disputes.

Troisième effet néfaste : le découragement.

Souvent les parents que je rencontre en coaching m’expliquent que quand ils comparent leurs enfants entre eux c’est une façon pour eux de les motiver. “Prend exemple sur ton frère ou sa sœur, si lui ou elle est capable de le faire, toi aussi tu es capable de le faire !”. Mais quand on y regarde d’un peu plus près, que c’est tout l’effet inverse qui va se produire. Quand on nous compare de façon un petit peu systématique avec quelqu’un en nous expliquant à quel point cette personne débarrasse la table, range mieux sa chambre, fait mieux son lit, cela ne motive pas mais cela nous invite au découragement. Cela nous pousse un certain immobilisme et contrairement à l’effet recherché, cela ne va pas développer entre nos enfants une vague d’admiration. Ils ne vont pas dire “Waouw super mon frère ou ma sœur, je vais prendre vraiment exemple sur lui ou sur elle” mais au contraire on va générer entre nos enfants de l’animosité.

Alors comment sortir de cet engrenage des comparaisons ? Ce qui est important c’est de vous concentrer sur votre enfant et lui seul. Quand vous avez une remarque ou une observation à faire à votre enfant, vous ne vous adressez qu’à lui. Par exemple : “Arthur tu n’as pas ramassé ta serviette !” Point. il est inutile d’inclure dans l’histoire sa sœur qui n’a rien à voir avec le désordre de son frère.

Ce qui est important c’est de rester sur un échange bilatéral un échange uniquement entre deux personnes.