Disputes entre enfants : comment les éviter?

Tous les parents ont ressenti un jour de la lassitude par rapport au fait d’ arbitrer les disputes de leurs enfants. Parce qu’il faut bien le reconnaître: nos enfants ont l’art et la manière de se disputer pour à peu près tout et n’importe quoi… Ils vont se disputer pour savoir lequel des deux va être assis à côté de maman ou papa à table. Après, ils se disputent pour savoir qui va commencer à raconter sa journée. Et au final ils se disputent pour déterminer lequel a passé la journée la plus intéressante. Mais ces disputes incessantes ne sont pas une fatalité: voici une astuce pour réduire de faon significative le nombre de disputes entre frères et soeurs.

Les disputes entre enfants, une façon de communiquer?

Les disputes au sein de la fratrie, vous ne pourrez jamais complètement les supprimer. C’est comme si on vous demandait de ne plus jamais vous disputez avec votre conjoint! C’est de l’ordre de l’impossible.

Par ailleurs, il ne faut pas systématiquement voir ces disputes comme “quelque chose” de négatif. Effectivement, une dispute, c’est simplement deux personnes qui ne sont pas d’accord.
Aussi, cela signifie que vos enfants s’affirment, ce qui est très important pour leur développement.

Cela montre également que vos enfants communiquent, échangent entre eux, qu’il rentrent en interaction. Donc cela prouve qu’il y a relation! Une relation à l’intérieur de laquelle il n’y a jamais aucune dispute, aucun désaccord, c’est une relation morte, sans vie… C’est une relation à l’intérieur de laquelle les personnes ne communiquent plus.

Si les disputes sont “quelque chose” de normal. Ce qui ne l’est pas, c’est une fréquence trop importante de disputes. Une relation à l’intérieur de laquelle, on passe 90% de son temps à se disputer, n’est pas une relation saine. Dans ce cas, nous ne sommes plus dans l’affirmation de soi mais dans la compétition. Ce qui n’est pas normal non plus, c’est la violence qui peut se cacher derrière ces disputes. Je parle bien évidemment de violence physique mais également de violence verbale telles que les cris, insultes, etc…

L’origine des disputes entre enfants

Souvent les parents partent du principe que ces disputes sont liées à des conditions extérieures. C’est quelque chose que j’entends souvent en coaching. Les parents m’expliquent qu’ils ont deux garçons. Et les garçons aiment bien se battre, donc ils se disputent. Ou alors les parents m’expliquent qu’ils ont un garçon et une fille. Comme ils n’ont pas le même sexe, ils n’ont pas les mêmes jeux, donc ils se disputent. Ou encore les parents attribuent ces disputes à l’écart d’âge des enfants. Ils estiment que les enfants se disputent, car ils ont un écart d’âge trop important. Ou à l’inverse, s’ils sont trop rapprochés, les parents considèrent qu’il y a une trop grande compétition qui joue sur le nombre de disputes. Bref… Comme les parents partent du principe que ces disputes sont liées à des conditions extérieures, elles leur paraissent inéluctables…

Faber et Mazlich ont été les premières à mettre en exergue le fait que les parents avaient des comportements qui créent des terrains propices aux disputes de leurs enfants. L’idée étant de prendre conscience de ces comportements facilitateurs de disputes afin de pouvoir travailler dessus.

Les comparaisons

Il nous arrive fréquemment en tant que parents de comparer nos enfants entre eux. Il existe deux types de comparaison :

les comparaisons dites négatives: on va émettre un jugement négatif à l’égard de l’enfant auquel on s’adresse. Par exemple, vous êtes chez vous. Vous rentrez dans la salle de bain. Et vous voyez que votre fils Arthur a laissé traîner sa serviette par terre. Vous lui faites remarquer : “Ce n’est pas possible, Arthur, comme d’habitude, tu as laissé traîner ta serviette par terre ! Regarde ta sœur Juliette, elle la ramasse systématiquement !”

les comparaisons dites positives: on va émettre un jugement positif à l’égard de l’enfant auquel on s’adresse. Reprenons notre exemple : vous rentrez dans la salle de bain. Et cette fois-ci, vous allez non pas vous adresser à Arthur, mais à votre fille Juliette. Et vous lui dites devant Arthur : “Bravo Juliette! Tu as bien ramassé ta serviette, pas comme ton frère Arthur qui la laisse systématiquement traîner par terre !” Juliette est ravie parce que vous l’encensez par rapport à son frère. Mais Arthur apprécie nettement moins la comparaison.

Ces comparaisons nous semblent anodines pour les parents. Et pourtant, elles ont des effets très néfastes sur les relations entre frères et sœurs.

Premier effet néfaste : le développement de la colère.

Quand nous comparons nos enfants entre eux, pour nous, il ne s’agit que d’une constatation : nous constatons qu’un enfant a ramassé sa serviette et pas l’autre. Dans ce cas, vous êtes dans la peau de la personne qui émet la comparaison. Mettez-vous maintenant dans la peau de la personne qui reçoit la comparaison. Par exemple, votre mère qui vous dit : “oh là là, ton frère conduit beaucoup mieux que toi! Ta sœur cuisine beaucoup mieux que toi!” A ce moment-là, vous allez ressentir de la colère vis-à-vis de votre mère mais également de votre frère ou de votre sœur.

Quand nous comparons, cela génère de la colère non seulement vis-à-vis de la personne qui émet la comparaison mais également vis-à-vis de la personne avec laquelle on compare. Ainsi quand nous comparons nos enfants entre eux, nous générons de la colère non seulement vis à vis de nous mais également entre eux. Colère qui n’oeuvre pas pour mettre fin aux disputes…

Deuxième effet néfaste : le développement de la compétitivité.

Quand une personne nous critique en nous comparant avec un tiers, notre premier réflexe va être de nous défendre en critiquant cette personne. On dit souvent “la meilleure défense, c’est l’attaque”. Donc, dans notre exemple plus haut, Arthur va nous dire « Ok, c’est vrai, je n’ai pas ramassé ma serviette. Mais Juliette, elle, n’a pas rangé sa chambre! ». Sans nous en rendre compte, nous incitons notre enfant à venir nous rapporter les mauvais comportements de son frère ou de sa sœur. Là encore, on n’œuvre pas pour la fin des disputes.

Troisième effet néfaste : le découragement.

Souvent les parents que je rencontre en coaching m’expliquent que le fait de comparer leurs enfants entre eux est une façon de les motiver. “Prends exemple sur ton frère ou ta sœur. Si lui ou elle est capable de le faire, toi aussi, tu es capable de le faire!”. Mais quand on y regarde d’un peu plus près, c’est tout l’effet inverse qui va se produire. Quand on nous compare de façon systématique avec un tiers, en nous expliquant à quel point ce tiers débarrasse plus rapidement la table, range mieux sa chambre, fait mieux son lit… Cela ne nous motive pas. Cela nous pousse un certain immobilisme. Contrairement à l’effet recherché, cela ne va pas développer entre nos enfants une vague d’admiration. Ils ne vont pas se dire “Waouw! Super! Je vais prendre exemple sur mon frère ou ma soeur”. Au contraire, on va générer entre nos enfants de la rancoeur.

Comment sortir de cet engrenage des comparaisons ? Il est important de vous concentrer sur votre enfant et lui seul. Quand vous avez une remarque ou une observation à faire à votre enfant, vous ne vous adressez qu’à lui. Par exemple : “Arthur tu n’as pas ramassé ta serviette !” Point. Il est inutile d’inclure dans l’histoire sa sœur qui n’est absolument pas concernée par le désordre de son frère…

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