La crise des 2 ans!

Gérer la crise des 2 ans de votre enfant
La crise des deux ans ou ce qu’on appelle également le terrible two se manifeste quand l’enfant dit systématiquement « Non ». Elle est assimilée à une crise d’adolescence mais dans la jeune enfance.

Un processus de développement

En effet, vers l’âge de 2 ans, l’enfant prend conscience qu’il est un être à part entière, qu’il n’est pas uniquement le prolongement de sa maman. D’où son besoin et son envie de s’affirmer. Et quand il dit « non », c’est finalement une façon de dire “je suis moi, et j’ai le droit de décider. J’ai le droit de prendre mes propres décisions. » Contrairement à ce que pensent les parents, l’enfant ne cherche pas à les tester ou à s’opposer. Il souhaite uniquement s’affirmer en tant qu’individu unique. Cette crise est donc une étape normale dans le développent de l’enfant.

Le « Non » mimétique

Quand notre enfant est bébé, nous passons beaucoup de temps à lui dire « Non »: « Non, ne mets pas tes mains dans ta bouche, Non, ne joue pas avec ta fourchette, Non, ne court pas dans les escaliers etc… » C’est ainsi qu’à l’âge de deux ans, quand notre enfant commence à maîtriser un peu le langage, il va tout naturellement dire très souvent « Non ». Le mimétisme aura opéré entre vous et lui…. Il y a quelques années, j’ai accompagné en coaching une maman d’un petit garçon de 22 mois, Joachim. Elle m’avait sollicitée car son enfant disait de façon quasi-systématique « Non ». Le plus amusant est que parfois Joachim disait « Non » tout en faisant ce que sa maman lui avait demandé. Je me souviens notamment d’une fois où elle avait demandé à son enfant de prendre son biberon. Joachim l’avait regardé. Il avait dit « Non » et fait « Non » avec sa tête. Puis tout en continuant de dire « Non », il s’était levé, avait pris son biberon dans ses mains, et avait commencé à le boire… La maman avait alors souri, et m’avait dit: “Je pense qu’il entend peut-être un peu trop le mot « Non » ” …

Une certaine liberté

La meilleure manière pour que la crise des 2 ans se passe en douceur est de laisser une capacité de décision à votre enfant. L’idée est de lui envoyer le message « Ok, tu es un être à part entière. Je te laisse donc t’affirmer et prendre un certain nombre de décision. » Pour ce faire, vous pouvez utiliser la technique des alternatives. Par exemple, au lieu de dire à notre enfant « Tu vas prendre ton bain. » Nous pouvons le laisser choisir : « C’est l’heure de te laver. Tu préfères prendre un bain ou une douche? » De la même manière, s’il pleut et que vous devez sortir: « Tu préfères prendre ton manteau à capuche ou ton parapluie? ». En laissant “une marge de manoeuvre » à l’enfant, nous lui permettons de s’affirmer. Ainsi il sera moins en opposition.

Les automatismes

Nous avons tous des choses que nous faisons sans y réfléchir, un peu comme un réflexe. Personnellement, tous les matins, la première chose que je fais en me levant, est de lancer la machine à café. Je ne me demande même pas si j’ai envie d’un café. Je le fais sans y penser car j’ai simplement associé le matin au café… Cette technique d’ancrage peut être très utile pour gérer la crise du terrible two. L’idée est de créer chez notre enfant des associations. Par exemple, quand mes enfants étaient petits, je leur répétais régulièrement “voiture-ceinture”. Je le faisais en chantant, en mimant… Ainsi quand le moment de monter dans la voiture était venu, je leur disais voiture-ceinture, et ils acceptaient de mettre leur ceinture sans rechigner! De la même manière, nous allions souvent à la ludothèque. Cette dernière étant assez loin, Benjamin n’avait pas l’endurance pour marcher durant tout le trajet. Mais il n’aimait pas particulièrement être dans la poussette…. Donc le moment de monter dans la poussette était souvent à l’origine d’une crise! Pour éviter son refus, j’ai commencé à lui répéter régulièrement “ludothèque-poussette », de façon à ce qu’il associe systématiquement la ludothèque à la poussette. Au bout d’une semaine, la technique a fait ses preuves: Benjamin montait dans la poussette sans rechigner!

La distraction ou l’esquive!

Pour éviter de dire « Non » à notre enfant (et de titiller son besoin d’affirmation), nous allons simplement détourner son attention, en incitant notre enfant à se focaliser sur autre chose…. Par exemple, si notre enfant commence à dessiner sur la table, au lieu de lui opposer le fameux « Non », nous allons orienter son geste: “Regarde, il y a une feuille ici. Tu peux dessiner dessus. Moi, je dessine un oiseau dessus. ” De la même manière, lorsque nous avons peur que notre enfant se fasse mal en sautant sur le lit ou en escaladant le canapé: « Viens me voir. J’ai un joli livre avec de belles images. Tu viens les regarder avec moi? Il y a de beaux animaux à l’intérieur. » Ainsi, l’enfant descendra de lui-même du canapé, sans que vous lui ayez demandé, et sans vous exposez à un éventuel « Non » de sa part!

Discuter le moins possible….

Plus nous faisons de longs discours, plus nous cristallisons la frustration… J’entends souvent en coaching des adolescents me dire « Je n’en peux plus. Mes parents me font la leçon pendant des heures. Ils répètent systématiquement la même chose pendant 15 minutes. Ils sont en mode disque rayé! ». Ce phénomène qui est vrai chez les adolescents, l’est également chez les jeunes enfants. Donc quand vous devez dire « Non » à votre enfant, n’hésitez pas à aller à l’essentiel. Evitez de vous justifier longuement. Cela ne fera que décupler sa colère ou son envie de faire une crise… Je l’ai vécu à mes dépends, il y quelques temps avec ma baby-sitter. Une séance de coaching s’était calée un peu à la dernière minute avec une famille. Mon conjoint étant absent, je devais donc faire garder mes enfants. J’appelle ma baby-sitter « habituelle » en urgence en lui demandant si elle est disponible dans une heure. Mais au lieu de me dire tout simplement « Non ». Elle se confond en excuse : « Je suis vraiment désolée.. Je ne vais pas pouvoir vous dépanner. Je suis en pleine période d’examen. J’ai travaillé très tard hier soir. Donc je me suis couché tard. Et ce matin je n’ai pas réussi à me lever donc je me suis mise à réviser trop tard ce matin par rapport à mon planning de révision. C’est dommage si vous m’aviez prévenus hier, j’aurais pu m’organiser… etc etc etc… » Et au fur et à mesure qu’elle parlait, je sentais mon stress augmenter, en me demandant comment allais-je pouvoir trouver rapidement quelqu’un pour garder les enfants. Tandis que si elle m’avait simplement dit qu’elle n’était pas disponible, j’aurais immédiatement rebondi en cherchant une autre baby-sitter. Comme quoi, parfois un « Non » rapide peut être très efficace!
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