Mon enfant ment! Comment réagir?

Enfant qui ment
Comment réagir quand mon enfant me ment en me disant que ce n’est pas lui qui a commis la bêtise. Quel comportement adopter face aux mensonges de nos enfants? Faut-il leur demander d’arrêter de mentir?

Mentir avec aplomb

J’avoue avec toujours été surprise par la capacité de ma fille à me mentir, quand bien même, elle était prise dans la main dans le sac. D’une nature très gourmande, Manon avait la fâcheuse habitude d’aller prendre quelques morceaux de chocolat dans la cuisine en-dehors des repas, alors même qu’elle savait ne pas avoir le droit. Et quand je la surprenais sur le fait, la bouche pleine de chocolat, elle me soutenait droit dans les yeux qu’elle n’avait rien pris dans le placard de la cuisine. Comment faisait-elle pour me mentir avec une telle assurance?

Le mensonge et l’âge

Jusqu’à ses 5/6 ans, notre enfant ne fait pas bien la distinction entre la réalité et le monde imaginaire. Si par exemple, nous faisons apparaître un bonbon derrière son oreille, il ne va pas penser qu’il y a « truc », une astuce. Il va croire que nous avons réussi à faire apparaitre un bonbon derrière son oreille. Par conséquent, quand notre enfant nous dit qu’il n’a pas fait de bêtise, pour lui, ce n’est pas un mensonge. Il ne fait simplement pas la distinction entre le réel et l’imaginaire. Il peut également arriver que notre enfant nous dise « Ce n’est pas moi », ce qui dans sa tête signifie « Je ne l’ai pas fait exprès ». Je me souviens qu’une fois je rentre dans la cuisine et je vois un verre de jus d’orange renversé sur la table. Nous étions seulement mes deux enfants et moi à la maison. Mon fils ayant horreur du jus d’orange, ce ne pouvait être que ma fille qui avait renversé le verre. Mais quand je lui pose la question, elle me répond « ce n’est pas moi ». Je lui demande alors « Ce n’est pas toi ou tu ne l’as pas fait exprès, ». Et sans surprise, elle me répond toute penaude « Je ne l’ai pas fait exprès ». En lui demandant s’il ne l’a pas fait exprès, notre enfant avoue beaucoup plus facilement sa bêtise! A partir de 7 ans, les enfants distinguent très bien le monde imaginaire et la réalité. Par conséquent, quand notre enfant nous ment, il en a parfaitement conscience (ce qui n’est pas le cas chez les enfants plus jeunes). En général, notre enfant nous ment par peur d’une punition, d’être disputé. Dans ce cas, nous pouvons montrer à notre enfant que nous ne sommes pas dupes, et que nous savons pertinemment qu’il nous ment, mais sans lui reprocher de nous mentir. En effet, quand nous disons à notre enfant « Je sais que tu me mens. Arrête de mentir. Tu mens. », toutes ces phrases cristallisent sa peur d’être grondé et ne l’incitent pas à avouer sa bêtise. Au lieu de reconnaitre sa bêtise, il va argumenter afin de nous prouver qu’il ne nous ment pas et que nous nous sommes trompés. Il y a quelques temps j’ai retrouvé dans le salon ma paire de lunettes cassée. Or je sais que ma fille adore jouer avec mes lunettes de soleil, les essayer, se regarder dans la glace avec :
  • Manon, regarde. Je viens de retrouver ma paire de lunettes de soleil cassée.
  • Maman, je te jure que ce n’est pas moi. Je ne sais pas du tout comment elle a pu se casser.
  • Ecoute, je trouve cela étonnant car je sais que ce n’est pas moi qui ai cassé mes lunettes. Papa m’a dit que ce n’était pas lui. Et Benjamin ne prend jamais mes lunettes de soleil. Il n’y a qu’une personne qui joue régulièrement à la maison avec mes lunettes de soleil, à savoir: toi. J’ai donc du mal à te croire quand tu m’affirmes que ce n’est pas toi qui a cassé mes lunettes.
  • Maman, je te promets que ce n’est pas moi.
  • Bon… Etrange…. » Je n’en dis pas plus et je quitte la pièce. La journée se passe sans que nous reparlions des lunettes. Mais au moment du coucher du soir, Manon me dit: « Maman, il faut que je t’avoue quelque chose. Ça m’a pesé toute la journée. C’est moi qui ai cassé ta paire de lunettes de soleil… »
Il y a quelque chose de beaucoup plus efficace avec les mensonges de nos enfants que les reproches: la culpabilité naturelle. Manon s’était sentie mal toute la journée car elle savait qu’elle m’avait menti et que j’étais pas dupe. Son malaise l’a donc poussée à dire la vérité et à reconnaitre sa bêtise. Quand notre enfant nous ment, n’hésitons pas à laisser agir la culpabilité naturelle!

Les jugements contre-productifs

Nous veillons également à éviter les jugements sur la personnalité de l’enfant ou ses traits de caractère : « Tu n’est qu’un menteur. Tu passes ton temps à mentir etc… ». Les jugements risquent d’ancrer chez notre enfant un certain type de comportement. Cela va l’inciter à penser « Ok, si un de mes parents me dit que je suis un menteur, il a raison. » Aussi, il ne cherchera pas à améliorer son comportement et à arrêter de mentir. Il est préférable de décrire simplement les faits :
  • la bêtise commise (les lunettes de soleil sont cassées)
  • pourquoi nous savons que notre enfant a commis la bêtise ( Papa me dit que ce n’est pas lui et Benjamin en joue jamais avec mes lunettes)
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